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Le quiz du dimanche sur Attelage.org vous a fait découvrir un des deux grands tableaux du Salon Murat du Palais de l’Elysée. Le salon accueille le Conseil des Ministres qui se tient tous les mercredis matins.
Les deux toiles immortalisent les faits d’armes de Joachim Murat (1767-1815), Prince d’Empire et Maréchal de France : Le passage du Tibre avec sa cavalerie durant la campagne d’Italie et une vue panoramique du château de Benrath, au bord du Rhin. Ce dernier tableau a retenu notre attention, car, au premier plan on peut y admirer une calèche attelée à la d’Aumont précédée d’un piqueur et suivie par des cavaliers, Il mérite d’être présenté dans son contexte historique.
1800 Le Palais de l’Elysée
Le somptueux « Hôtel du comte d’Evreux » de 1720 devint la résidence de Madame de Pompadour jusqu’au décès de celle-ci, puis la propriété de Bathilde d’Orléans sous le nom de « Palais de l’Elysée ». Puis, pour faire face aux dépenses d’entretien du Palais, le rez-de-chaussée fut loué à un négociant flamand, Monsieur Hovyn, qui le transforma en café concert ! Le Consulat mit fin à ces années folles.
Le Maréchal de France, Joachim Murat, beau-frère du Premier Consul Napoléon Bonaparte achète la propriété à la fille de Monsieur Hovyn, pour s’y installer avec son épouse Caroline Bonaparte (dont la dot avait été utilisée pour l’achat du Palais !) et en faire une de leurs nombreuses et luxueuses demeures. De très grand travaux d’aménagement sont exécutés sous les ordres des architectes Vignon et Thibault : Construction du vestibule d’honneur, de la grande salle de bal (salle aux tableaux et actuel « Salon Murat »), du grand escalier dont la rampe est ornée de palmes d’or. Le rez-de-chaussée est réservé aux réceptions, le premier étage au Maréchal Murat, le deuxième aux enfants et l’aile est réservée à Caroline. Entre 1801 et 1805 y naitront quatre enfants : Achille, Letizia, Lucien et Louise.
Caroline, radieuse de grâce et de beauté, douée d’un esprit cultivé reçoit somptueusement dans sa demeure de l’Elysée. Pendant ce temps Joachim continue à se couvrir de gloire sur les champs de bataille, après Austerlitz (1805) : un traité de paix est signé en 1806, qui réorganise l’Allemagne (Confédération des états du Rhin) et le Grand Duché de Berg (duché de Berg et duché de Clèves) est offert à Joachim Murat, qui part s’installer au château de Benrath, qui devient sa résidence officielle.
Blasonnement :
Parti : En I d’argent au lion de gueules (rouge), la queue fourchée passée en sautoir (Berg) ;
En II de gueules (rouge), à l’écusson d’argent, aux rais d’escarboucle d’or (jaune), brochantes sur le tout (Clèves) ; sur e tout d’azur à l’aigle d’or(jaune) , la tête contournée, au vol abaissé, empiétant un foudre du même (cf Napoléon) , sur les insignes de Grand Amiral de l’Empire.
1806-1808 Grand Duché de Berg Le Château de Benrath Une Folie du XVIIIe siècle)
Le château, situé en Haute Rhénanie, a été construit (1755-1773) par Nicolas de Pigage pour le Prince Electeur Karl Theodor von Paltz.
Texte pris sur le superbe site www.lafoliedix-huitieme.eu
Maison de Plaisance avec des jardins, un parc giboyeux, bassins alimentés par le cours de l’Itter, paysages champêtres et possibilités de chasse étendue : Une résidence conçue avec assez d’élégance pour suffire au cérémonial de la cour, moins sévère mais indispensable !
Cinq corps de bâtiments à un étage en liaison avec les formes, les fonctions et la thématique des décors intérieurs et extérieurs, par rapport aux jardins et aux plans d’eau. Deux ailes autonomes et symétriques étaient réservées aux nobles de la Cour, aux fonctionnaires et aux valets. A ce complexe appartenaient également les communs et deux bâtiments d’entrée latéraux.
Pigage a groupé le tout autour d’un grand étang circulaire qui donne à l’ensemble une grande étendue. Devant les salles de réception se trouvent les jardins publics avec l’étang du château, la terrasse au sud et le canal, ainsi que le grand étang Spiegelweiher (bassin au miroir).
A l’Ouest, se rattache le bosquet qui avec ses allées en étoile forme le parc de chasse, dans lequel le jardin d’acclimatation du XVII ème siècle avait pris place. Pigage relia également le château avec les plans d’eau du parc : les canaux qui les reliaient étaient alimentés par les eaux de pluie du bâtiment et passaient par le souterrain qui existait dans le mur de briques. Ce souterrain forme avec ses halls et ses galeries une grande salaterrena qui s’ouvre sur les jardins et forme le plan de perspective des pièces princières du rez-de-chaussée
Mais, en 1806, la guerre avait déjà éclaté entre la France et la Prusse. Joachim Murat est reparti :on le retrouve à la bataille d’Iéna puis en 1807 à la bataille d’Eylau. Son duché est encore plus grand. Mai en août 1808 il doit abandonner le grand duché de Berg, pour devenir roi de Naples ! Il doit aussi « rendre » l’Elysée à Napoléon, ce qui ne s’est pas passé sans heurts !
L’Equipage : Rouge et Or :
L’équipage se déplace en bordure du »Spiegelweiher » (étang miroir) La calèche de chasse et de promenade présente une caisse « à jours » extrêmement légère montée sur quatre ressorts en C. Le haut des panneaux latéraux et celui des portières sont jaunes. Les garde-boue sont dessinés en forme d’ailes d’aigle : attribut spécifique de l’Empire ! Sa ressemblance avec la calèche de chasse et de promenade du carrossier Prélot, la Cybèle n°5 (avant 1810), est frappante. Une autre calèche du même type : Départ de Napoléon Ier et Marie Louise pour la chasse à Compiègne sur la tableau d’Horace Vernet et Joseph Bidauld
Les chevaux portent des harnais à l’anglaise. Les postillons de d’Aumont sont en livrée aux couleurs de la Maison Grand-Ducale : veste de drap rouge très ajustée ornées de nombreux galons d’or, culotte de peau jaune ; toque de velours noir.
Les élégantes passagères et leurs enfants pourraient être Caroline Murat et trois de ses enfants, accompagnés de leur gouvernante. Pour des raisons politiques, Caroline ne s’est sans doute jamais rendue dans cette ravissante propriété.
Les Peintres Les artistes sont, suivant les sources : Horace Vernet (17 ans à l’époque !) ou Alexandre Denouy ; peut-être les deux, comme il n’était pas rare de le voir au XIXe siècle ( Vernet pour les chevaux et Denouy pour les paysages)
Photos : Julie Wasselin. Voitures, chevaux et attelages Daniel Roche Voitures hippomobiles Jean Louis Libourel sites Palais de l’Elysée
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