Non à l’interdiction du port de la burqua ! Très belle photo de Nana Souza Diaz
Ce livre (en italien), grand classique, est de Giancarlo MARSILETTI. Son titre est :
DU CHEVAL AU CHEVAL VAPEUR, « Une collection de voitures de la belle époque » ( Dal cavallo al « HP » )
Il a paru en 1992 aux Editions d’Art du Triton, Vicenza
Cet ouvrage de 137 pages, broché, sur papier glacé, présente, dans sa première partie un historique de la voitures au cours des siècles suivi d’un catalogue de superbes dessins couplés à des photos couleurs des voitures les plus classiques de la grande époque des attelages. Il commente chaque véhicule en donnant d’intéressantes précisions sur les origines, formes, constructeur, dimensions, lanternes etc.
Nous recevons le premier numéro d’une publication du CAA ( USA ) : World on Wheels Le monde sur les roues, cette publication sera désormais annuelle ; elle se présente comme un livret de 23x15cm, comportant 96 pages et des illustrations en N/B. Son sommaire comporte 5 articles de fond traitant : de la construction des coachs, des carrosses de Lisbonne, de la parade des voitures de commerce à Londres à la fin du 18ème, du carrossier Brewster. La revue coute 15$, mais son expédition réserve une surprise:26,5$ en "priority mail" ! il faut donc demander un envoi par voie de surface
Nécrologie : TOM RYDER (1918-2009)
Tom Ryder nous a quitté lundi 2 Mars 2009. Le monde de l’attelage aux Etats Unis comme au Royaume uni, est en deuil et Carriage Journal perd son pilier tutélaire. Cet ancien officier de l’Armée anglaise était un expert reconnu des chevaux hackneys et un grand connaisseur du menage en guides : Nous avons tous lu les nombreux ouvrages historiques ou techniques qu’il a rédigés ainsi que ses chroniques dans les revues spécialisées.
JBWhips et Arba qui l’a personnellement connu et apprécié présentent à Jill sa fille et a sa famille ses condoléances attristées les plus sincères
ARBA recherche une image de bonne qualité d’un « MORS HOWLETT A GRAND PASSAGE DE LANGUE "GORGE DE PIGEON" »
Envoyez lui un email ! henri.baup@laposte.net
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Depuis le XVIIème siècle, et certainement bien avant, l’Angleterre met au monde des personnages dont l’originalité, les bizarreries et les extravagances alimentent et défraient les chroniques.
De nos jours , ces personnages sont appelés des « people ». Celui dont nous allons parler aujourd’hui , William Douglas , quatrième duc de Queensberry, fut parmi les plus fameux des « rakes » britanniques. La traduction de ce qualificatif "rake", toujours péjorative et peu flatteuse , serait : noceur, viveur, débauché, vieux marcheur ou coureur de jupons...
William nait en 1725, dans une famille noble écossaise. Il vit la jeunesse classique d’un jeune aristocrate, monte à cheval, chasse à courre, s’initie aux courses et aux paris...
Puis, il est envoyé au collège de Winchester mais ne fréquentera pas les grandes Universités Etoniennes ; son goût pour l’étude et ses résultats étant très modestes.
A sept ans, par héritage, il était déjà 3ème Comte de March ; à vingt trois ans, il est 3ème Comte de Ruglen, mais ce n’est qu’a cinquante trois ans que sa fortune sera parfaite avec le titre de 4ème Duc de Queensberry (et les revenus des terres qui s’y rattachent.)
Les armoiries des Queensberry sont :
Voici le château de Drumlanrig, fief des Queensberry
Il n’attend cependant pas cet âge pour aller s’installer à Londres ou encore tout jeune homme, il n’a pas 20 ans . Il y entame la carrière qui le rendra célèbre.
Bien introduit dans les milieux aristocratiques, il se fait rapidement des amis, oisifs comme lui ou poètes, écrivains, artistes.
Très vite se développent ses instincts donjuanesques et la profonde attirance physique qu’il aura pour les femmes, de préference jeunes, parfois très jeunes..Et bien sûr jolies. Il affectionnera en particulier les petites chanteuses et danseuses italiennes et cela jusqu’à un âge avancé. (Il vivra 85 ans !).
Georges Selwyn lui permet d’être admis, en 1747, au très chic et select Club White’s situé dans St James street dans Piccadilly où désormais il aura ses quartiers et gagnera ses galons de star dans les nombreux lieux de plaisir qui peuplent ce quartier.
C’est au White’s que de nombreux jeunes gens s’adonnent au plaisir très britannique des paris : On parie, parfois très gros, sur tout et sur rien : la date de la mort d’untel, le mariage ou non d’un autre et bien evidemment sur des défis plus ou moins improbables, sport dans lequel notre William deviendra un redoutable compétiteur , comme nous le verrons plus loin. Tous ces paris sont inscrits et homologués au « livre des paris » du White’s et gare à celui qui ne tient pas ses engagements !
Mais, en dehors des femmes et des paris, William a une troisième passion : le turf, les chevaux, les courses, (et ...les paris, encore !) Il passera de longues journées sur le champ de courses de Newmarket Heath, il y aura, une maison, un haras, ses chevaux, ses jockeys, mais aussi montera lui-même car il est bon cavalier sur le plat comme à l’obstacle. Ses couleurs : rouge foncé toque noire seront présentes cinquante sept ans durant sur le turf, sans interruption.
On sait qu’il était mince et sportif et montait en gentleman driver à 60 kilos.
Il faut savoir qu’à cette époque les courses de purs sang se limitaient à des duels entre deux cavaliers ; mais les enjeux et paris n’en étaient pas moins élevés. Douglas devint un vrai spécialiste du turf, il gagnait très souvent ses courses et ses paris, ce qui l’aidait beaucoup au temps où ses héritages n’avaient pas encore fait de lui un homme riche.
C’est à Newmarkett qu’il suivra la carrière de Godolphin arabian et du célèbre Eclipse (né en 1764) appartenant au Colonel O’ Kelly, ces étalons seront à l’origine de toutes les lignées de pur sang anglais.
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Bien entendu sa vie agitée fait scandale à Londres surtout vers la fin de sa vie où il sera connu comme « old Q. »
De grands écrivains font son portrait , comme Tackeray dans « Les Virginiens » qui écrit : il aime parier, il aime les courses de chevaux, il aime boire, il aime l’argent et les femmes.
Trevelyan, autre écrivain célèbre dit de lui : « C’est un monument de dépravation, une fontaine de lucre se roulant dans les richesses et se vautrant dans la péché » Pauvre William !
Mais, loin du scandale, revenons à un des plus fameux paris de William ; celui de la course contre la montre : William ne s’intêressait pas particulièrement à l’attelage ; sa remise contenait un vis-à-vis, une chaise de poste et un grand landau qu’il faisait atteler à six chevaux noirs à longue queue (Duc oblige !). Lorsqu’il sortait, toujours vêtu de vert foncé, son équipage comportait cocher et laquais en livrée et il était accompagné de son fidèle groom Jack Radfort qui, à cheval, était chargé de délivrer aux demoiselles qui lui paraissaient désirables, invitations et billets doux...
Au White’s dans de fréquentes discussions entre gentlemen se posait la question de savoir à quelle vitesse pourrait se déplacer une voiture attelée à quatre chevaux, sur les mauvaises routes de l’époque ? Après y avoir longuement réfléchi, William affirma, le 18 octobre 1749, qu’il pourrait présenter une voiture à 4 roues, attelée à 4 chevaux, qui porterait un homme et couvrirait une distance de 19 miles en une heure (soit, 30km500 à l’heure !) Les paris furent pris : William, associé à Lord Eglinton, misa l’énorme somme de 1000 guinées or, pari tenu par le pseudo Comte Taaffe et Andrew Sprowle, le premier étant un rude irlandais, redoutable joueur, usurier, aventurier et probablement escroc ... Aucun de ces hommes n’était un débutant ou un fou et on disait que William ne pariait qu’avec des gens dont il était persuadé qu’ils perdraient ....Les paris et de nombreuses autres mises collatérales furent consignés sur le fameux Livre du Club.
Homme méticuleux, ingénieux et bien organisé, William prépara son défi : comme il n’existait pas à l’époque de voiture assez légère pour cette épreuve, il en fit construire plusieurs, à grands frais, par le carrossier Wright de Long Acre qui employa tout son art pour alléger le véhicule et diminuer les frottements. Un seul homme devant être dans la voiture ; celle-ci fut construite sans caisse. C’était donc un simple châssis à flèche supportant quatre roues, le tout le plus fin et léger possible, le cocher étant assis sur un petit siège recouvert de velours suspendu par des sangles entre les roues arrières.
La légende du plan de la voiture ( en français dans "Carriages de Jacques Damase) ) donnent les précisions suivantes :
A Ressorts (ou Palonniers) pour monter les traits des chevaux timoniers.
B Boites d’Etain où il y a de l’huile pour faciliter le Roulage
C Ressort ( ou machine ) pour monter les cordes qui maintiennent l’Arbre ferme
D Ressort sous l’arbre pour monter les traits des chevaux de volée
E Bouton dont la distance au bout de l’arbre montrait aux cavaliers qui étaient proches les roues que les chevaux tiraient le plus
F Ressorts de fanons de baleine
On peut ainsi reprendre la légende :
A Les traits sont maintenus en tension par des palonniers à ressorts.
B Des boites à huile en étain assurent le graissage des moyeux.
C Des crics à crémaillère tendent les cordes qui fixent le timon.
D De solides ressorts en fanon de baleine assurent la suspension.
E Un ingénieux système, permet aux postillons, grâce à un bouton mobile se déplaçant le long du timon, de savoir quel est le cheval qui tire le mieux.
Pour les harnais on employa le cuir, le fanon de baleine et la soie pour les traits. L’ensemble de la voiture et des harnais, éprouvé avec succès pesait 250 livres soit 112 kilos 500 !
Un lot de chevaux de course fut sélectionné, certains ayant déjà gagné des épreuves. Ils furent chronométrés sur un mile et les plus rapides mis à l’entrainement sur la distance et la durée ...Il a été dit que sept y laissèrent leur peau. Chaque cheval devant être monté, des postillons jeunes , légers et compétents furent choisis.
Les quatre chevaux sélectionnés portaient les poids suivants (homme, selles et harnais) : 44,5 kilos pour chaque timonier, 50,7 kilos pour chaque volée. La voiture avec son cocher pesait : 152 kilos On pouvait difficilement faire plus léger !
Le 29 Aout 1750 à 7 heures du matin tout le monde était prêt sur le champ de course de Newmarket, le circuit des trois tours à effectuer, bien balisé. Une foule de spectateurs était rassemblée et les paris allaient bon train...
Pour l’occasion, le cocher portait les couleurs de Douglas et les quatre postillons étaient en gilets bleu ciel, culotte de peau, bas de soie blancs, toque de velours noir. En show man averti, William soignait tous les détails. Un juge de course et trois chronométreurs étaient en place en différents points du parcours.
La course lancée, les chevaux partent en flèche et les hommes ont le plus grand mal à freiner leur ardeur si bien que les 4 premiers miles sont effacés en 9 minutes soit à près de 43 km à l’heure !...Taaffe compris très rapidement qu’il avait perdu son pari et les 19 miles furent couverts en 53 minutes 27 secondes, soit à plus de 30Km/h.
Ce jour là, alors qu’il n’avait que 25 ans, William Douglas devint le « roi des parieurs » dans tout Mayfair et Picadilly où il fut reçu comme un héros. Son pari lui avait certainement coûté bien plus que les 1000 guinées gagnées, mais il l’a rendu célèbre, initiant sa longue carrière. Devenu riche avec son duché de Queensberry, il poursuivra de longues années durant sa carrière de viveur scandaleux et deviendra Old Q, figure légendaire de Piccadilly où du haut de son balcon du numéro 138, on le vit pendant des années lorgner les jolies passantes.
Le peintre James Seymour peignit une huile illustrant cette course. Après être longtemps restée au château de Queensburry, elle fut vendue chez Christies en 1897 et serait de nos jours la propriété de Lord Rosebery.
La course contre la montre. Gravure par J.Bodger d’après le tableau de Seymour. 1788
Cent ans plus tard, en 1891, un autre membre de la famille Queensberry, Lord Alfred Douglas, dit « Bosie », fils du 9ème marquis de Queensberry, s’illustra dans un scandale retentissant en affichant son homosexualité en compagnie du poète Oscar Wilde. A cette époque l’homosexualité était considérée comme criminelle, en vertu de la loi de 1885.
Traîné en justice par le père du jeune Alfred, Oscar Wilde fut condamné à deux ans de travaux forcés. Le jeune Alfred s’éxila en France où, en 1897, le rejoint Wilde , après avoir purgé sa peine. Oscar Wilde mourra en 1900.
Dans la galerie des célébrités de la famille Queensburry on trouve aussi le 8ème marquis ( grand père de « Boosie ») qui s’illustre en 1867 en établissant les règles du « noble art », la boxe, dont les compétitions deviendront fréquentes .
A propos des records de vitesse, il faut signaler qu’en 1845 William Howatt, menant un tandem de course en hickory de 50 kilos, attelé à une paire de chevaux toisant 1m52, avait parcouru 45 miles soit 73,5 km en 2 heures 55 minutes , à la moyenne de 26 km/h, mais, il n’avait rien parié !
HB
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