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Passion des chevaux, de l’attelage et du patrimoine hippomobile.
Une des catégoties traitera de la restauration des voitures pour partager nos connaissances et nos carnets d’adresse de fournisseurs ; cuir, charron...
Bourrellerie Delameilleure - Harnais
Pour le meneur de tradition : sa propre fabrication de harnais de tradition classiques
Pour le meneur de marathon et de loisir : les harnais ’Ideal Equestrian’
Pour les passionnés de voitures hippomobiles d’époque : toutes restauration de cuir et de sellerie
La fabrication d’étuis de tuba, de porte-parapluies, etc
DÉFINITION :
Les « voitures en blanc », ou « caisses en blanc » sont des : « Voitures nues fabriquées par un carrossier ou un menuisier, livrées brutes sans peinture ni garniture ».
Depuis le XVIème siècle, en ville comme dans les campagnes, ce sont les maréchaux, les menuisiers et les charrons qui construisent les véhicules utilitaires : charrettes et charriots, nécessaires au transport des matériaux et denrées, et éventuellement au transport des personnes. Il ne s’agit pas encore de carrossiers.
Sous le règne de François 1e r (1515-1547), le premier carrosse arrive à Paris, venant d’Italie. Cent ans après on n’en dénombre que 310 !, mais au début du XVIIIème, ils seront plus de 20000.
Pour construire ces voitures s’unissent de nombreux corps de métiers : dessinateurs en voitures, menuisiers, ébénistes, charrons, forgerons, maréchaux-grossiers, ferreurs-limeurs, serruriers, selliers garnisseurs et bourreliers, peintres et sculpteurs, bronziers, doreurs, accessoiristes …
Sous le Second Empire (1853-1870) l’essor de la carrosserie française sera considérable et se développent à Paris de grandes maisons produisant des voitures de luxe qui seront diffusées dans toute l’Europe. Labourdette, Belvalette, Mühlbacher, Binder, Ehrler, Kellner, sont installés dans le 8ème arrondissement de Paris, autour des Champs Elysées où sont aussi installés les grands selliers : Camille, Haas, Schiltz, Hermès. Ces ateliers fabriquent eux-mêmes toutes les pièces nécessaires à leurs productions, dont la qualité inégalable fera leur renommée.
Mais nous sommes à l’heure de l’industrialisation, des machines outils et de la production en séries. Des usines vont voir le jour en Province ou à Paris même, avec les ateliers de la Compagnie Générale des Omnibus qui fabriqueront leurs voitures dont toutes les pièces sont interchangeables.
Ces manufactures vont alors produire des caisses en blanc de tous les modèles courants qui, livrés aux petits artisans, ne demanderont plus qu’une mise en peinture et un garnissage au choix du client. Le travail et les coûts sont ainsi considérablement diminués et les voitures sont rapidement disponibles à la vente. Elles livrent aussi des voitures finies, immédiatement utilisables. Ce sont les seules dont les chapeaux de roues portent la marque, par exemple Rétif à Sancoins
De nombreuses usines voient le jour. On en comptera une dizaine à Paris : Rétif et fils représenté à paris par Serrurier, Firmin, Blan et Barral, Blesser, Victor Delassale, Léon Hannover, Kraemers fils, Le Vieux, Ehrngard et Delbenque, Duhamel et Cie, La Carrosserie Industrielle à Levallois …mais aussi en province : Borde frères à Dijon, Lemercier à Toulouse, Raguin à Montrichard, Lagogué à Alençon, Floquet à Saint Amand, Rousseau à Montargis, Demeule à La Châtre, Jamet à La Guerche, Cambos Jeune et ses Fils à Castres …( cité par JLL) A l’étranger, on en trouvera en Belgique :H. Barbier & Frères, en Angleterre , Aux USA :King Spring Cie (qui exporte en France(, Dann Brohers and Cie, Townsend à New Haven, Clymer, Foster & Cie. à Wilmington, Worthington à Philadelphie, Ford & Cie. à Milwaukee, Biddle & Cie. à Amesbury …Curieusement l’Italie ne possèdera aucune fabrique de voitures en blanc.
En France, une de ces usines restera célèbre : RÉTIF à Sancoins (Cher).
Geneviève Cagnard, (de l’association Aubois de terres et de feux 4, rue de la Mairie 18150 CUFFY, atfaubois@aol.com) en a raconté l’histoire que nous résumons ci-dessous.
Jacques, Charles RETIF (1822-1883), sellier carrossier, fondateur de la dynastie, est fils de sellier. Il est né dans une famille de marchands drapiers, à Ainay le château (Allier). Il se marie à Sancoins en 1844. En 1860-61, il construisit ses ateliers de construction et réparation ainsi q’un magasin de voitures hippomobiles, route de Saint Amand à Sancoins. Ses enfants sont encore jeunes : Emile a 15 ans, Léonard Ernest a 13 ans et Ferdinand a 7 ans. C’est une activité florissante qui l’incite à s’agrandir . L’usine moderne est dotée de matériel performant : machines outils, scierie mécanique, forges. Nous n’avons pas confirmation qu’Emile et Ernest aient suivi les cours de Brice Thomas, à Paris.
En 1878 les deux fils ainés sont associés à l’entreprise du père : "Rétif et Fils".
Le nombre des ouvriers et le personnel des bureaux atteindra rapidement le nombre de 300, mais logements ouvriers sont peu nombreux.
En 1881 l’usine produisait 6 à 800 voitures, « en blanc ou finies », qu’elle livrait par chemin de fer, à partir des gares voisines de saint Pierre le Moutier et de La Guerche sur l’Aubois « en blanc, roues ferrées, ou finies, avec capote, mécanique,sièges arrière, brancards et timon à la demande ».
En 1883, la société devient : "RETIF Frères", après le décès de Jacques. Ferdinand, employé n’est jamais cité dans la direction de la société.
Vers 1884, 2 pavillons jouxtent l’usine et ont été construits par et pour Emile et Ernest.
Tous les modèles courants de voitures hippomobiles de l’époque figurent dans des catalogues illustrés, parfois en couleur, qui sur 100 pages présentent 160 modèles différents. Tel est le cas du catalogue N°12 de 1896 dont nous donnons des extraits.
La firme ne produisait pas que des modèles courants en grande série, elle exécutait aussi, sur commande, des voitures d’exception : huit ressorts, landaus ou ce « nouveau mail coach, présenté en 1889 à l’Exposition de Paris
En 1904, la société a pris le nom de « RETIF Aîné » ;. Ernest quitte la société
Les gendres d’Emile et Ernest Rétif, Messieurs Harrand et Gaimy, ingénieurs de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures, produisent des carrosseries automobiles pour les marques : Ariès, Delaunay-Belleville.
Durant la Grande Guerre, l’usine travaillera pour l’aviation mais par la suite elle ne retrouvera pas une activité rentable et fermera ses portes en 1939, à l’aube de la seconde guerre mondiale.
Présentation du catalogue RETIF n° 12 année 1900 Chargement en cours