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Un Styliste de génie du XXème siècle
Ettore Bugatti donna comme prénom à sa première fille Ébé , rappelant les intiales de son nom EB , que l’on retrouve sur ses monogrammes.
Lorsque l’on évoque les autos de prestige, quelques noms célèbres viennent immédiatement à l’esprit : Rolls Royce, Bentley, Hispano-Suiza, Excalibur, Ferrari…puis les images des bolides bleu de France qui s’illustrèrent sur tous les circuits de vitesse nous invitent à parler d’Ettore Bugatti, styliste et mécanicien de génie dont l’usine produisit plus de 7800 voitures , véritables bijoux qui, de nos jours, sont devenus les trésors de notre industrie automobile.
Ettore, Arco, Isidoro Bugatti est né le 15 Septembre 1881 à Brescia ; fils de Carlo Bugatti, ébéniste et de Térésa Lorioli. Son grand père Giovanni étant lui même sculpteur et architecte de renom. Après avoir fait ses humanités il entre aux Beaux Arts de Milan, avec son frère Rembrandt qui deviendra le sculpteur que l’on connaît.
Cette ambiance familiale artistique lui donnera le goût du beau et l’amour de l’esthétique qui marqueront toutes ses créations dans le monde de l’automobile.
A l’âge de 14 ans on lui offre un tricycle, qu’il modifie, révélant ainsi son goût et ses dons pour la mécanique. Il décide ainsi qu’il sera constructeur et, à 17 ans, entre en apprentissage dans l’usine de cycles Prinetti & Stucchi, à Milan ou il construira un tricycle à deux moteurs De-Dion, destiné à la compétition. Un an après il monte sa première 4 roues, la Type1, propulsée par 4 moteurs monocylindres De-Dion, agissant sur l’essieu arrière. Il débute aussi comme pilote dans des courses de moto, tricycles, autos, en Italie du Nord.
En 1900, avec l’aide financière des frères Gulinelli, il construit sa première auto : la type 2 avec un 4 cylindres de 3 litres et une boite à 4 vitesses + marche arrière ; qui atteindra 60 km/h ! Primée à l’Expo internationale de Milan elle lui vaudra d’être remarqué par l’industriel alsacien : le baron de Dietrich qui le prend sous contrat et l’installe, en 1902, à Niederbronn, où il côtoiera Amédée Bollée et Emile Mathis, autres pionniers de l’automobile.
On y produira les types 3, 4 et 5 signées De Dietrich-Bugatti, équipées de moteurs dont la cylindrée varie de 5 à 13 litres ! Cent exemplaires en seront vendus.
En 1904, Bugatti s’associe à Mathis dans la SACM et produit à Graffenstaden (à 10km de Strasbourg) les types 6 et 7.qui sont baptisées Hermès
En 1906 il produira pour Deutz à Cologne les types 8 et 9 ainsi que la première « vraie Bugatti » type 10 ; dite « la baignoire » ou « le petit pur sang » avec un moteur à 4 cylindres de 1,2 litres, 12 chevaux ; elle obtint un grand succès commercial.
En 1909, il décide de faire cavalier seul et crée sa société à Molsheim, en Alsace, dans les locaux d’une teinturerie désaffectée. Il a alors vingt collaborateurs. Son fils Jean naitra la même année et aura plus tard un rôle important dans l’épopée de la marque BUGATTI, cinq autres frères et sœurs suivront. . Ettore Bugatti s’éteint à Neuilly le 21 Aout 1947 à l’âge de 66 ans. Esprit inventif, il déposa plus de mille brevets apportant d’importantes améliorations à la conception des automobiles.
Parmi les chef d’œuvres qu’il construisit on ne peut manquer de citer la célèbre « Royale » type 41-111, coupé de ville , moteur de 8 cylindres, 13 litres de cylindrée, 300 chevaux. Cette voiture répondait bien à la conception de Bugatti qui disait : " Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher" Six exemplaires en furent construits, trois vendus une resta à l’usage personnel de Monsieur Bugatti. Une fut carrossée par Binder en 1931 Elle reste aujourd’hui une des plus belles voiture au monde.
Sur cette splendide voiture il faut citer le bouchon de radiateur figurant un éléphant dressé, trompe en l’air, sculpture en argent massif de Rembrandt Bugatti, son frère surnommé "Le Rembrandt des Animaux".
Il fut aussi un homme de cheval, cavalier, meneur et éleveur de pur sang.
Il rassembla dans ses remises de nombreuses voitures d’attelage, signées Mühlbacher ou Million Guiet. Pour son usage personnel il construisit et mena lui-même, un omnibus, un road-coach, un phaéton siamois pour poneys, un gig : Tous signés, jaune et noir, aux couleurs du « Patron » comme on l’appelait familièrement. Ses harnais, monogrammés EB, étaient, soit fabriqués dans les ateliers à Molsheim, soit commandés à Paris chez Hermès. On trouve sur les brides le monogramme EB ou le nom Bugatti.
De nos jours la marque subsiste et produit dans les ateliers de Molsheim, la Bugatti Veyron super sport, un monstre au moteur de 16 cylindres en W, développant 1200 chevaux, la voiture peut dépasser les 400 kmh et coûte la bagatelle de 2,3 millions d’euros…( hors accessoires !) En 2009 une Bugatti porte le nom de Bugatti Veyron Fbg par Hermès.
Deux articles d’Andres Fürger sur Ettore Bugatti ont paru :
l’un en anglais dans le n° 2 de World on Wheels
l’autre en allemand dans le magazine Pferd und Wagen
Le site de François Vanaret "l’âge d’or de la carrosserie française" présente de magnifiques photos ou dessins de Bugatti
Lire une traduction de cet article /B_autrelangue>