On lit dans Ouest France du 20 juillet, qu’une Table Ronde d’experts s’est réunie le 18 juillet à l’occasion de la présentation de la Dormeuse, appartenant au haras, fraichement restaurée, on y a entendu l’interpellation suivante d’un spécialiste : « ...il faut que l’on se penche sur le dossier de la sellerie ; il y a une collection riche et des savoir-faire ( ?), mais je ne connais pas de spécialiste capable d’inventorier l’ensemble et cela sur ce qui peut être préservé. »
Et bien sur, nous étions dans l’enceinte de l’Ecole de bourrellerie du Haras ... merci pour eux !
Pour ce qui est de la voiture « restaurée », les frères Goncourt auraient écrit dans leur Journal :... « on a réveillé la belle Dormeuse, mais, on lui a donné les habits d’une putain »
Le site Olympique de Lure a vu du 3 au 6 juillet, l’équipe de France des cavaliers vétérinaires remporter devant 10 pays, la Coupe du monde des cavaliers vétérinaires !
L’équipe se composait des Docteurs :
Alexandre Boudarel /Lara du Fox
Bruno Baup/Major de la Croix
Antoine Denis/Norway
Sébastien Boussemart/Mascotte du Morion
En individuel, Bruno Baup termine au pied du podium.
Félicitation à nos vétos champions du monde !
Eh oui ! même les petits chiens attelés ont droit à une lanterne ..
il est peu probable que cette lanterne soit à acétylène , elle a une queue à bougie et aucne caractéristique de l’alimentaton C2H2...
A propos du harnais fauve de Marc Cross
Un fidèle lecteur de JBW, observateur attentif et compétent, nous signale une faute grossière dans le montage de la belle bride présentée en couverture par Carriage Journal : la cocarde est montée à l’envers , le monogramme tête en bas ! Pour une pièce de Musée c’est assez fâcheux, à moins que la Revue veuille tester ses lecteurs et dénombrer ceux qui auront noté la faute ? Nous voulons bien y croire...
Au très réussi CAT d’Aix, JC Sauvat a eu l’heureuse idée de faire présenter par les concurrents un objet insolite en rapport avec l’attelage, devant un jury de « spécialistes ». Il fut présenté un curieux sabot d’enrayage à deux semelles qui n’intéressa en rien le Grand Mamamouchi à longues oreilles.
Voici son jugement sans appel : « Jamais une roue de coach n’y entrera ; c’est un sabot de petite voiture (sic !) »
Nous avons donc mesuré la largeur interne de ce sabot et posé la question de la largeur des roues arrières des coachs privés à d’authentiques Coachmen.
Résultats pour des drags : Kimball, Holland & Holland, Cesare Sala, Peters & sons : 40-45-50-55 millimètres.
Sabot à 2 semelles : entrée :-65mm-centre :50mm. CQFD (+8mmcuir), joues latérales :-65mm
Moralité : Laissons braire et envoyons paître ces ânes qui ne sont pas de Provence !
Bourrellerie Delameilleure - Harnais
Pour le meneur de tradition : sa propre fabrication de harnais de tradition classiques
Pour le meneur de marathon et de loisir : les harnais ’Ideal Equestrian’
Pour les passionnés de voitures hippomobiles d’époque : toutes restauration de cuir et de sellerie
La fabrication d’étuis de tuba, de porte-parapluies, etc
Nous avons déjà décrit sommairement l’architecture générale des coachs et leurs différents modèles. Rappelons la définition proposée et reprenons la en détail.
Un coach est une grande voiture fermée, d’usage public ou privé, toujours attelée à quatre chevaux (avec adjonction provisoire d’un cinquième, le cock horse, cheval de renfort utilisé dans les fortes côtes). Cette voiture capable de transporter sur route de lourdes charges, à une vitesse élevée est presque toujours construite sur un fort châssis à longue flèche, portant une suspension de type télégraphe qui supporte la caisse.
Les coachs portent une perche ou flèche, forte pièce de bois légèrement courbe, enchâssée solidement dans l’essieu postérieur. Pour assurer une bonne stabilité à la voiture, sa longueur devra être au minimum de 1m, 80, qui correspond à l’empattement. A l’avant, elle se fixe à angle droit sur une traverse surplombant l’essieu auquel elle est reliée par la cheville ouvrière, ce qui permet au train de pivoter. Des plaques métalliques renforcent ces pièces mobiles qui facilitent le glissement de la jante de rond. Par ailleurs, deux forts armons sont mortaisés sur l’essieu et fixés par les tirants, ils constituent le logement dans lequel viendra s’encastrer le têtard du timon.
Par-dessus, fixée aux extrémités antérieures des armons à l’avant et aux tirants à l’arrière, la barre de volée mesure 1, 80m. Elle porte 4 paumelles destinées à la fixation des traits. Les pieds des paumelles intérieures sont plus larges que celui des paumelles extérieures ; ce qui permet de compenser les différences de longueur des traits intérieurs et extérieurs.
Sur les drags, ces paumelles sont entièrement gainées de cuir noir et portent à leur base un disque de cuir noir protégeant la peinture de la volée.
Fréquemment, la barre de volée est surmontée par une paire de palonniers mobiles, utilisés même avec un harnais à colliers ; l’amplitude du mouvement des palonniers étant limitée par des butées fixes ou par des courroies de cuir réglables.
Les boulons qui constituent les axes des palonniers doivent être de forte section et leurs écrous toujours visibles sont placés au dessus et portent une goupille de sécurité.
Les essieux métalliques sont fortement dimensionnés : 5cm de côté au minimum, ils sont logés dans une pièce de bois. Aux deux extrémités, les fusées cylindriques, limitées par un épaulement, vont former l’axe des roues. Deux types d’axes sont utilisés : les axes de type mail sur les Stages et le mail coachs, et des axes type Collinge sur les Park drags. Quant aux roues, elles présentent des jantes larges et portent 10 rais à l’avant, 12 ou 14 rais à l’arrière Les diamètres habituels de ces roues sont de 1,05m à 1,10m à l’avant, et de 1,35m à 1,45m à l’arrière. L’angle d’écuanteur est en général faible.
Pour les Road coachs et les mails, les roues sont équipées de boites à huile de type mail, fermées à leur extrémité ; elles sont fixées par 3 longs boulons qui traversent tout l’essieu et passent dans une large plaque métallique, avant d’être boulonnées.
Boite type mail
La fusée de l’essieu qui s’y insère est cylindrique et n’atteint pas l’extrémité du logement, réservant une cavité pour l’huile. Ce dispositif est plus sûr en cas de rupture de l’essieu mais il exige une lubrification fréquente nécessitant un démontage à chaque entretien.
Les Drags sont le plus souvent équipés d’essieux à patent de l’ingénieur Collinge (1792) dont la boite est ouverte aux deux extrémités et reçoit la fusée de l’essieu qui se fixe par deux écrous se vissant en sens inverse, maintenant une bague de bronze qui retient la boite. Des rondelles de cuir gras assurent l’étanchéité ; une goupille fendue bloque les derniers écrous et un chapeau de roue en bronze, servant de réservoir d’huile, assure la fermeture de la boite. Le nom du carrossier et de sa ville d’origine y sont gravés.
L’aspect de la boite de type Collinge, à l’extérieur de la roue, est plus net que celui du type mail, et par ailleurs, le huilage est très aisée ne se fait que tous les 2 ou 3 mois.
La suspension des coachs est de type « télégraphe » et constitue une plate forme comportant deux groupes de 4 ressorts droits réunis en carré 4 par 4, fixés par des étriers sur la flèche à l’arrière et sur l’essieu à l’avant. Leur disposition permet un notable abaissement du centre de gravité de la caisse. Celle-ci ne sera fixée sur les deux plates formes à ressort qu’en 4 points, proches de la ligne centrale du coach.
Il est logé entre les deux armons. Il est plus lourd pour un Public Coach que pour un Drag, souvent renforcé à sa partie inférieure par une plaque métallique sur les 2/3 de sa longueur, lui réservant ainsi une certaine élasticité. Il mesure en moyenne 2,70m, de la volée à la trompe de timon, pour des chevaux de 1,60m au garrot, et son extrémité est à 0,90m ou 1m du sol. La trompe est toujours en acier poli, son crochet doit regarder vers le haut. Il est peint en noir sur les Public coachs, mais doit être brillant sur les Park Drags.
Les Publics coachs ont souvent un timon de réserve en 3 parties, arrimé à la flèche et muni d’une trompe simple peinte en noir (voir photos et article du site : timon de réserve faire un lien)
Les caisses des différents modèles de coachs sont identiques : D’une longueur moyenne de 1,60m pour une largeur de 1,37m et une hauteur de 1,35m ; poids moyen varie de 1200 à 1500 kg.
Le pavillon du toit est toujours aplati, de sorte que des sièges puissent y être adaptés ou des bagages rangés. Les panneaux latéraux sont plats ou légèrement bombés ; la ligne du bas est en bateau avec des courbes légères, épousant celles de la flèche.
Les portières sont montées sur des charnières à l’avant, pour des raisons de sécurité. Elles portent des fenêtres pourvues de glaces mobiles et de jalousies ou de volets de bois coulissants ne pouvant être ouverts de l’extérieur. Des serrures à clefs ferment ces portes. Des différence portant sur la disposition des sièges, l’ouverture des coffres, les garnitures, la décoration, les peintures et marquages vont permettre d’établir une distinction entre Public coach, Road coach et Mail coach d’une part et park drag de l’autre.
Elles sont détaillées dans « Driving for Pleasure » de Francis C. Underhill, New York 1896, pages 29 à 34. Par ailleurs, Fairman Rogers, dans « A Manual of Coaching »( Philadelphie 1901) écrit :... « Les Public Coachs présentent un intérieur de caisse en bois, garni de coussins de tissu ; des poignées de maintien fixées près des cloisons. Les places intérieures sont les plus coûteuses...Les volets de bois des fenêtres sont à quatre carreaux, de même la vitre est compartimentée...
Les Drags sont quant à eux capitonné de drap ou de maroquin à l’intérieur. On doit pouvoir y être assis avec son chapeau. Seuls les domestiques voyagent à l’extérieur. La vitre de fenêtre est en une seule partie ainsi que les volets. Les accessoires : poignées, boutons, crochets sont parfois d’ivoire ou d’argent... »
On rapporte que lorsque le maître mène son Park drag, les volets sont abaissés. Si le cocher mène la voiture, les volets sont levés. Cependant les règles du Coaching Club précisent que les volets doivent être levés lors des sorties du Club !
Ils sont construits indépendamment de la caisse. Leur volume est variable, mais ils doivent laisser suffisamment de place aux jambes des passagers assis sur les banquettes d’impériale, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière.
Ils sont toujours plus étroits que la caisse. Le coffre avant s’ouvre à sa partie avant ; sa charnière étant placée en haut et deux verrous le ferment vers le bas. Sur certains Publics coachs, le panneau ne s’ouvre pas Il est renforcé d’une tôle et son ouverture peu commode est placée dans le plancher sous les pieds du meneur.
Un accès au coffre avant peut exister, par l’intérieur de la voiture. On y trouve des outils et des pièces de rechange pour les harnais.
Le coffre arrière des Publics coachs s’ouvre par une porte située sur le panneau droit, de façon à être facilement accessible au garde. Il peut aussi, le plus souvent, s’ouvrir sous ses pieds .Dans ces voitures, un filet à bagages st parfois suspendu sous le coffre arrière
Le siège de guide est fixé sur la partie antérieure du toit du coffre avant, supporté par des hausses de bois plein, et fermé devant et derrière par d’autres panneaux. L’assise du siège est garnie coussin de guide fixé par deux sangles de cuir « naturel » se croisant en X à l’avant. A gauche du meneur, la place d’honneur pour un passager, a un coussin plat plus bas que le coussin de guide.
Le siège arrière est lui fixé sur le panneau supérieur du coffre.
Sur un Public Coach, le siège est supporté par un banc de bois entièrement fermé. Il donne place à 3 ou 4 personnes, du côté gauche un coussin plus haut est réservé au garde. Une sangle de cuir, double, fixée au plancher, forme une poignée qui permet au garde de se tenir debout lorsqu’il sonne du tuba.
Sur un Park drag, le siège arrière n’offre que deux places pour les grooms, il est supporté par des ferrures métalliques.
Enfin, des sièges d’impériale sont boulonnés sur le pavillon, ils donnent place à quatre personnes.
Les coachs sont en général peints de 2 ou 3 couleurs, comportant toujours du noir. Mails Coachs, Publics Coachs et Park Drags se distinguent cependant très facilement par leurs peintures spécifiques.
Leur peinture est standardisée : train, flèche, suspensions sont en rouge-bordeaux ; le toit, les coffres, les panneaux de custode et la coquille sont noirs. Les portières et les panneaux de brisement sont marron.
Le lettrage est très complet mais reste toujours discret : les panneaux de custode portent les étoiles des quatre ordres de chevalerie britanniques :
À droite : Ordres du Bain et de Saint patrick
A gauche : Ordres de la Jarretière et du Chardon
Au bas des portières :les armes royales et l’inscription Royal Mail
Sur le haut de la portière est indiquée la ligne desservie, ex : York-London.
Les panneaux du coffre avant portent les initiales du souverain régnant en lettres anglaises dorées ex : ER, VR, GR. pour Elisabeth, Victoria, George. Les panneaux latéraux du coffre arrière portent le numéro de la voiture. Toutes les parties métalliques sont noires. Aucun rechampi ou filet ne sont fait sur l’ensemble de la peinture.
10 Road coach TANTIVY Shanks 1900
Ils sont toujours peints de couleurs vives et remarquables mais le noir est toujours présent.
Le train, la flèche ,les suspensions, les supports des sièges, les bords et le dessous de la coquille , sont de couleur rouge, ou jaune, ou bleu, ou ivoire...Les portes, les panneaux de bas de caisse, le panneau postérieur du coffre arrière, sont de couleur identique ou complémentaire à celle du train. Les coffres, panneaux de custode et le toit et toutes les parties métalliques sont noirs. Il n’y a ni filets, ni rechampis.
Les panneaux latéraux des coffres portent les indications des destinations desservies alors que le nom du coach et son emblème sur le panneau arrière du siège et parfois sous la coquille.
Au dessus de la fenêtre on trouve le nom et les armoiries du propriétaire. La trompe de timon, les chaînettes, le châssis métallique du siège arrière, les frettes de roue, les chaînes et le sabot d’enrayage sont toujours peints de couleur noire.
Ces voitures présentent toujours une peinture très soignée et des couleurs brillantes et recherchées, en général 2 ou 3 aves toujours le noir de rigueur.
Sont peints en noir : les côtés des coffres avant et arrière, les panneaux de custode, les encadrements de fenêtres, le toit, le plancher de siège, le support de siège arrière, la galerie, les marchepieds, l’échelle, les paumelles, le sabot d’enrayage et sa chaîne.
Sont peints de couleur vive : rouge par exemple, le train, les suspensions, les roues, la volée, le timon et les palonniers, l’assise du siège avant, le dessous de la coquille.
D’une couleur plus douce : ivoire, jaune ou bleu on trouvera ; les portières, le bas de caisse, le panneau postérieur, du coffre arrière, les volets.
Un monogramme ou des armes sont souvent peints en haut de la portière ou sous la fenêtre, parfois sur le coffre arrière et au centre du panneau latéral. On note parfois la présence de réchampis. Un seul filet, large ou de couleur complémentaire est tracé sur la circonférence des roues, les cordons des moyeux, les lames des ressorts de suspension, la partie supérieure du timon et des palonniers, le bord inférieure de la coquille, les bords du support de siège du meneur, et la partie initiale des rais, sur leur partie plane, près du moyeu.
Dans le prochain chapitre nous conclurons l’étude des coachs en présentant : leurs équipements, accessoires, harnais et tenues de leur équipage
Le blason du Royaume Uni et les ordres de Chevalerie sur les Mails Coachs.
Le Blason Royal
Les Ordres de Chevalerie
1ère Partie : Introduction & Définitions
2ième Partie : En Angleterre
3ième Partie : En France
4ième Partie : En amérique
5ième Partie : Vous y êtes !